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Œuvres d’art : entretien avec Amara Condé maitre sculpteur à Kaloum

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Dans les sociétés classiques, la sculpture a été longtemps considérée comme l’incarnation de l’idéal de la beauté. Bien qu’elle soit de nos jours une discipline à la fois simple et complexe, elle continue d’être une passion pour bien d’autres avec parfois les moyens rudimentaires utilisés dans les différentes techniques de sculpture de bois.

Depuis plus de vingt ans, Amara Condé exerce ce métier au compte de l’établissement Sidimé et Frère au quartier Almamya dans la commune de Kaloum. Grâce à cela, il nourrit sa famille et bénéficie de beaucoup d’autres opportunités en Guinée et partout dans le monde.  

Nous l’avons rencontré dans ses locaux au centre-ville de Kaloum pour présenter les techniques utilisées dans le taillage de pièces en bois. Aussi de parler de quelques œuvres d’art ainsi que leur signification, dont la finition difficile selon lui nécessite souvent l’appel à une main d’œuvre supplémentaire.

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Earthguinea.org : Parlez-nous de la sculpture ?

Amara Condé : La sculpture est l’une des premières activités artisanales de l’Homme. C’est-à-dire, c’est l’expression en première position de l’Homme sur terre. Elle est venue pour la satisfaction des besoins primaires. Elle a commencé par le taillage pour l’agriculture, la pêche et la cueillette. Elle tire donc son origine de ces premières activités que l’humanité a connues.

Eartguinea.org : Depuis quand vous faites la sculpture ?

Je ne peux pas vous dire la date exacte, mais je suis dans ce métier il y a plus de vingt ans.

Eartguinea.org : Depuis cette date, qu’est-ce qu’il vous a rapporté ?

A travers ce métier, je parviens à satisfaire les besoins de ma famille, telle que la scolarité des enfants et tout le reste. J’ai eu la chance de connaitre le monde à travers ce métier. J’ai été en Asie lors de l’inauguration du plus grand marché au monde à Shanghai en Chine. En Guinée j’ai eu un contrat de travail avec un groupe marocain pour la rénovation du palais du peuple, mais finalement le projet n’a pas eu le jour.

Eartguinea.org : Quelles sont les œuvres d’art que vous fabriquez dans votre atelier?

Nous faisons beaucoup d’œuvres d’art ; ce sont l’art décoratif, expressif, utilitaire et antique.

Eartguinea.org : Pouvez-vous  nous donner quelques explications sur ces différentes œuvres ?

Comme je viens de dire, il y a les pièces décoratives qui peuvent prodiguer des conseils, donner à souvenir une activité exercée par une tierce personne. A cette occasion la pièce est offerte comme cadeau à la personne. Il y a des pièces qui donnent le conseil du mariage, c’est-à-dire dans un foyer conjugal, une femme doit fermer les yeux, les oreilles et la bouche pour vivre mieux.

Ensuite, il y a des pièces qui représentent ceux qui ont marqué l’histoire de notre pays ou du continent africain, par exemple les Zegbela Togba Piwi, Dinah Salifou Camara, Almamy Samory Touré, Alpha Yaya Diallo etc. Celles-ci sont souvent faites sur commande par certains clients qui tiennent à réhabilité les valeurs africaines, en particulier celles guinéennes.

Eartguinea.org : Quelles sont vos relations avec les ministères du tourisme et celui du patrimoine historique ?

C’est vrai, notre département de tutelle c’est le ministère de l’hôtellerie et du tourisme. Au sein de ce ministère il y a une direction chargée de la promotion artisanale. Et notre participation souvent dans les expositions nationales et internationales, ce sont eux qui viennent souvent nous contacter. C’est pourquoi d’ailleurs la plus part des expositions internationales qu’on a participées notre pays a eu à présenter les meilleures pièces, mais aussi les meilleurs stands parmi tant d’autres.

Eartguinea.org : Quel appel lancez à leur endroit pour vous venir en aide ?

Nous voudrions une ligne de crédit bancaire pour faciliter nos voyages, de nous octroyer des conteneurs pour les voyages de nos produits à l’étranger. Ils nous ont toujours assistés, mais nous tendons toujours la main de nous aider à nous équiper, de nous trouver des matériels pour la perfection du métier, parce que nous travaillons jusqu’à présent avec les matériels rudimentaires. Nous demandons aussi aux autorités de nous aider à réhabiliter nos sites touristiques. Aujourd’hui quand on dit que la Guinée est un scandale géologique c’est bien vrai, mais elle est aussi un scandale culturel. Chaque région naturelle a ses activités, ses valeurs culturelles. Donc il faut mettre ces valeurs culturelles en valeur pour pouvoir attirer le tourisme vers le pays.

Aujourd’hui on a des opérateurs culturels dans la cadre de la musique spécifiquement, mais il y a très peu d’opérateurs culturels dans la cadre de la sculpture. Or la sculpture est un domaine juteux, cela il n’y a même pas à redire. Nous sommes en contact direct avec les clients, les touristes, mais cela ne suffit pas.  

Eartguinea.org : Pouvez-vous lancer un appel à l’endroit de vos clients et consommateurs ?

J’appelle ici tous les administrateurs guinéens de faire face à la décoration de leurs bureaux, de leurs salles de conférence, de ne pas chercher à aller ailleurs, on est mieux placer pour leur fournir. Les porcelaines ne peuvent répondre que les réalités européennes et asiatiques. Le Nimba est la déesse de la fécondité. Le président nous a demandé ici de mettre l’art Baga en valeur, un art qui ne peut pas baisser la tête devant les autres arts. Alors les administrateurs, les institutions, doivent se mettre dans cette logique pour nous accompagner, savoir que ce nous produisons en Guinée a de la valeur, si nous consommons ça ici, ça va faire beaucoup de plus, parce que ça va diminuer non seulement le chômage, mais aussi enrichir le trésor public en devises, parce que les touristes qui viennent n’achètent qu’en devises.

Eartguinea.org : Avez-vous quelques difficultés dans le travail ?

Les difficultés sont énormes, mais la plus difficulté est que les autorités n’ont qu’à nous aider à avoir des matériels. Souvent on est exposé à la poussière, et il y a des matériels qui peuvent nous aider à nous protéger contre ces poussières.  On ne peut pas mettre frein au chômage, mais on peut faire notre apport par rapport à la diminution du chômage. Quand vous intégrez ce métier  dès le premier mois vous commencez à empocher de l’argent. Mais cela est possible qu’en faisant la finissions de vos pièces.

Aussi, je dirais au gens de ne pas confondre la sculpture à l’Islam. Certains confondent ça aujourd’hui, ils se disent oui j’ai été à la Mecque,donc je ne dois pas gérer ça dans mon bureau, je ne peux pas mettre ça à la maison, c’est erroné, cela n’a aucun rapport avec l’Islam.

Votre dernier mot ?

J’invité tout le monde à consommer guinéen. Et comprendre que les œuvres que nous faisons ce ne sont pas des objets à adorer, mais plutôt des objets à décorer et à se souvenir.

Eartguinea.org : Merci Monsieur !

Je vous remercie !

Entretien réalisé par Sylla Youn, pour earthguinea.org

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