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Guinée : Les jeunes filles leaders recommandent l’éducation sexuelle dans le programme d’enseignement

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Le jeudi 23 septembre 2021, les jeunes filles et garçons, ainsi que les femmes de Guinée se sont massivement mobilisés pour répondre à l’invitation du CNRD au palais du peuple dans le cadre des consultations nationales en vue de préparer une bonne transition.

Devant l’assistance, c’est le secrétaire général du ministère de la jeunesse qui a donné le coup d’envoi de la prise de parole des jeunes. Selon Sidiki Touré, 77, 3 % des jeunes guinéens ont moins de 35 ans  et 32,2 % sont entre 15 et 35 ans, comme pour dire que la population guinéenne est majoritairement jeune.

Après son allocution s’en est suivie celle du ministère des droits et de l’autonomisation des femmes. Pour Ramatoulaye Camara, l’espoir des femmes et des jeunes guinéens renait de ses cendres, car ce sont deux couches qui constituent selon elle le socle du développement de l’économie guinéenne à la base.

« En Guinée les femmes  représentent 55,7 % de la population, il est évident que les femmes apportent leur expérience et leur compétence diverses aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain pour favoriser l’amélioration des conditions des populations en général et celles des ménages en particulier. Elles concourent à l’accumulation des richesses pour les familles. Nous espérons que ce dialogue amorcé en Guinée pourra contribuer à mettre les jalons pour l’atteinte d’une véritable parité dans les instances de prise de décision de notre pays ».

En réponse, Le colonel Mamady Doumbouya a dit avoir compris les préoccupations des participants d’où l’intérêt de rappeler que le moment est venu de placer les femmes et les jeunes au centre des préoccupations de l’Etat guinéen pour un avenir radieux du pays.

« Bâtir une nation forte, dynamiser son économie passe forcément par vous compte tenu de votre poids démographique. C’est pourquoi il est important que cette consultation amorcée accorde un accent particulier au cours de votre rencontre. Conscient du rôle crucial que vous jouez dans la société, je pense et je peux vous garantir que vous serez au cœur des priorités des actions gouvernementales. Que ça soit clair pour tout le monde : il n’y aura pas de recyclage ».

Il a averti par ailleurs que la jeunesse guinéenne ne fera plus l’objet de manipulation à relent ethnique pour quelle que fin que soit, tout en mettant l’accent sur le rassemblement qui est l’une valeur du CNRD.

Prenant la parole, la présidente du parlement des enfants de Guinée a décliné les objectifs de leur institution avant de soumettre au Colonel Mamady Doumbouya les grands enjeux qui l’attendent dans le domaine de protection et le bien-être des enfants en Guinée.

« La République de Guinée a mis en place depuis juin 2001 le parlement des enfants de Guinée qui est une tribune de libre expression des enfants qui a pour but d’assister le pouvoir publique dans la mise en œuvre de la politique nationale de promotion et de protection des droits et du bien-être des enfants. Notre pays est choisi pour faire partie des 27 autres pays dans le monde qui doivent conduire la phase pilote de la campagne de lutte contre les violences à l’encontre des enfants. J’arrive maintenant à nos doléances qui se résument en trois points essentiels : Institutionnaliser le parlement des enfants de Guinée par décret du président de la république en vue de faciliter la tenue de ces différentes sessions et du renouvellement du délai requis ; Soutenir davantage l’organisation du mois de l’enfant qui constitue une période de plaidoyer et de mobilisation sociale à travers un appui constant et conséquent ; Tenir compte de l’appellation de l’enfance dans la nomenclature gouvernementale ».

Pour Kadiatou Konaté de l’association des jeunes filles leaders de Guinée, les jeunes filles de toutes catégories confondues attendent du CNRD la mise en place d’un conseil de jeunes qui sera un cadre idéal de rencontre et de partage entre les jeunes.

« Les efforts dans la lutte contre les violences basées sur le genre sont très limités. Sous le poids des coutumes nous avons tort d’être mariées de force et de manière précoce, nous obligeant à abandonner nos rêves. 95% des filles et des femmes ont été victimes d’excision et ce, depuis plusieurs décennies de lutte contre la pratique. La Guinée ne dispose pas de centre d’accueil, de prise en charge et de réinsertion pour les victimes de violences basées sur le genre. L’absence d’un cadre formel de regroupement  de toutes les organisations de jeunes, à travers lesquelles on pourra se concerter sur les problématiques de jeunes en Guinée. C’est pour cela, nous organisations de jeunes filles recommandons que les textes de loi soient vulgarisés et appliqués au pied de la lettre.

Et les filles en situation défavorisée bénéficient d’un centre d’accueil, de formation, de réinsertion et de prise en charge, que l’éducation sexuelle soit instaurer dans le programme d’enseignement à partir du collège. Que la police de proximité citoyenne et républicaine soit mise en place ; Que le conseil national de jeunesse soit mis en place ; que l’accès au micro crédit soit facilité aux femmes et aux jeunes filles qui portent des projets afin de promouvoir et de garantir l’entrepreneuriat féminin ainsi que l’autonomisation de la couche féminine ; qu’il y ait un programme d’initiation à l’esprit entrepreneurial et à l’entrepreneuriat, seul gage de l’autonomisation de la femme active que nous sommes appelées à devenir ; enfin nous sollicitons, comme vous l’avez annoncé, que la justice devienne une boussole pour tout citoyen mais aussi un sifflet afin de décourager les potentiels ou les aspirants agresseurs de la junte féminine ».

Compte rendu de sylla Youn, pour earthguinea.org

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