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Guinée/Journée mondiale de l’art : Cap sur la vie des artisans de Camayenne

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L’humanité a célébré le jeudi 15 avril 2021 la journée internationale de l’art. Une journée qui vise à promouvoir le développement, la diffusion et la jouissance des œuvres d’art,  commémorée dans presque tous les pays du monde.

A Conakry earthguinea.org a rencontre certains artisans, plus précisément au quartier Camayenne situé dans la commune de Dixinn, un endroit qui abrite un grand nombre de passionnés du métier de l’artisanat depuis plusieurs années.

Parmi eux, Sidiki Touré, sculpteur depuis une trentaine d’années. Ce dernier se dit comblé de joie quant à la célébration de cette journée qui revêt une importance capitale pour leur secteur.

Sidiki Toure

« En tant qu’artisan, je suis comblé, car nous contribuons aussi au développement de ce pays.  L’art joue un grand rôle dans la société. Donc célébrer cette journée, est une joie pour nous. Seulement ce que nous demandons, c’est que si cette journée pouvait motiver les gens à venir vers nous.»

Comme beaucoup d’autres métiers, le métier de la sculpture demande beaucoup d’effort et d’ardeur. Sidiki Touré compte aujourd’hui plusieurs objets d’art sur ses étagères avec différentes significations. Il s’agit entre autres des gorilles, des éléphants, des chimpanzés, de la calebasse et bien d’autres.

« Ici nous fabriquons beaucoup de choses que les gens ne connaissent pas. Or nous fabriquons des objets qui ont beaucoup de signification. C’est pourquoi nous sollicitons que les gens viennent vers nous pour acheter nos produits. »

Par ailleurs, les jeunes artisans de Camayenne affichent une seule ambition, celle de leur trouver un centre artisanal ici à Conakry. Ce qui leur permettra non seulement d’être mieux vus, mais aussi de travailler et vendre dans des conditions requises, comme l’indique pour sa part Mohamed Camara.

Mohamed Camara

« On n’a pas de centre artisanal à Conakry.  Dans certains pays ça existe déjà. Mais ici on n’en a pas. Quand il y a problème dans le pays ça joue sur nous. Parfois on peut faire un à deux mois sans rien vendre, parce qu’on n’est pas organisé. Pourtant on est des pères de familles, on a des enfants, on  a nos femmes et on dit que tu travailles. Donc quand c’est comme ça c’est difficile, mais comme c’est un travail de passion et on est obligé de garder notre patience ».

Ainsi, d’autres difficultés viennent aussi s’ajouter, telle que l’acquisition de matériels de travail et  des matières premières, comme le stipule de passage Mohamed Camara. 

Oeuvre Mohamed Camara

« Quand vous regardez un peu dans les autres pays, c’est les sculpteurs qui mettent le pays en valeur. Et malgré tout cela, nous avons des difficultés liées à l’acquisition des outils de travail, les matériels. C’est pourquoi nous avons besoin des personnes de bonne volonté de nous aider. L’Etat doit aussi intervenir pour nous trouver une place où nous allons exposer nos produits quand les touristes arrivent au pays ».

De Dalaba à Conakry, en passant par Fria, Mohamed Diaouné, une quarantaine, fabrique des sacs et des chaussures en cuir et bien d’autres objets d’art, tels que les bracelets, les colliers etc. Une activité grâce à laquelle il nourrit sa petite famille depuis des années. Aujourd’hui, le marché est devenu pour lui toute autre chose.   

Mohamed Diaoune

« Comme vous le savez, le marché est actuellement dur, il n’y a pas de clients. Seulement c’est un métier que nous avons choisi, c’est pourquoi nous le faisons. On peut rester pendant toute la journée sans rien gagner. La Covid-19 a affecté toutes nos activités. L’Etat doit nous venir en aide, même si c’est pour nous accorder une subvention, parce que depuis que cette pandémie a commencé, nous ne faisons que souffrir. Donc nous demandons aux autorités de nous venir en aide ».

Oeuvre Mohamed Diaoune

Comme nous pouvons le comprendre, la plupart des bois de transformation utilisés par ces jeunes artisans de Camayenne viennent essentiellement de l’intérieur du pays, notamment de Kindia et de Kankan.

Sylla Youn, pour earthguinea.org

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