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Santé/Journée mondiale d’hypertension artérielle : Plus d’un milliard d’hypertendus dans le monde, avec 60% dans les pays en développement

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L’association guinéenne des cardiologues a organisé ce mercredi en différé, la journée mondiale de la lutte contre l’hypertension artérielle. Quel est l’état des lieux de cette maladie en Guinée ? C’est la principale préoccupation débattue par les acteurs de la santé au cours de cette journée.

En entretien téléphonique, le Professeur Mamady Condé, médecin chef au service de cardiologie de l’Hôpital National Ignace Deen revient sur l’origine de la célébration de cette journée.  

« L’hypertension artérielle est un facteur de risque mondial dans la progression des maladies cardiovasculaires, telle que les AVC, les crises cardiaques. Donc cette année nous organisons cette journée en différé. En réalité, c’est le 17 mai que la journée mondiale contre l’hypertension artérielle doit se célébrer, parce que cela a été décrété le 14 mai 2005 par la ligue mondiale de lutte contre l’hypertension artérielle, pour choisir une journée pour communiquer au grand public sur l’importance de l’hypertension artérielle, la gravité et ses complications ».

Selon le médecin chef, au moins 1 milliard d’hypertendus sont actuellement à travers le monde, et plus de 60% dans les pays en voie de développement, s’est-il expliqué :

« Quand nous prenons l’hypertension dans le monde, les statistiques de 2005 sont alarmantes. Parce qu’en 2005, il y avait 972 millions hypertendus dans le monde, ce qui correspond à 25% de la population mondiale. La mortalité mondiale accélère à 35 millions de décès, et parmi ces 35 millions, nous avons 17 millions appartenant seulement aux maladies cardiovasculaires,  qui correspond presque à 48% de la mortalité mondiale. Ce qui veut dire que les maladies cardiovasculaires sont les premières en termes de mortalité mondiale. Et les statistiques actuelles nous montrent en évidence qu’il y a au moins 1 milliard d’hypertendus actuellement dans le monde. Et 40% dans les pays occidentaux, 60% dans les pays en voie de développement. Et vous allez voir que 80% de ces mortalités se trouve en dessous de 60 ans, ça veut dire que cela affecte la population productive, et a un impact sur l’économie nationale ».

Ensuite, il faut signaler que depuis plusieurs années, les cardiologues guinéens ne cessent de lancer une sonnette d’alarme par rapport à la situation de cette maladie dans notre pays. Jusque-là, aucune politique d’accompagnement de la part des gouvernants n’a été mise en place dans le cadre de la sensibilisation des populations, ajoute le médecin chef.

« Disons que du côté de l’Etat, nous intégrons une direction nationale qui est la direction nationales des maladies chroniques, des maladies non transmissibles : l’hypertension, les cardiopathies, les cancers, les diabètes, etc. A travers les sensibilisations, les populations commencent à comprendre quels sont les facteurs de risques réels des maladies cardiovasculaires. Actuellement avec le développement des industries pharmaceutiques, la prise en charge devient moins couteuse, mais de l’autre côté, il y a des millions de personnes qui ne sont pas détectées et qui ne sont pas traitées, voilà le paradoxe que l’hypertension amène. Parfois les gens ne se connaissent même pas hypertendus. C’est la raison pour laquelle la sensibilisation reste une préoccupation majeure dans le monde ».

Pour terminer, il lance un appel à l’ensemble de la population guinéenne à s’inscrire dans la prévention de la maladie. Et pour y parvenir, il sollicite l’implication sans cesse des infirmiers et pharmaciens auprès des citoyens guinéens en vue d’un suivi régulier.

« A la population générale, de se faire détecter au moins chaque six mois pour se prendre la tension une fois, pour ne pas être surprise par cette hypertension. Parce que l’hypertension, c’est ce qu’on appelle aussi le tueur silencieux. C’est pourquoi nous voulons faire intervenir les infirmiers à domicile et les pharmaciens dans la prise en charge des hypertensions artérielles. Donc nous voulons que ces pharmaciens participent à l’éducation et au suivi de l’hypertension au niveau de ces patients », a indiqué le Professeur Mamady Condé.

Sylla Youn, pour earthguinea.org

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