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Guinée-Protection de l’environnement : Entretien avec Mohamed Condé, DGA de l’Office guinéen du bois

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‘’La forêt est une ressource qu’il faut valoriser’’ ! C’est bien l’expression qu’on doit à notre interlocuteur l’Adjudant-chef Mohamed Condé, Directeur général adjoint de l’Office Guinéen du Bois (OGUIB). Avec lui, nous avons passé en revue les questions liées aux outils de gestion environnementale de notre pays, la Guinée, notamment les différents textes et conventions ratifiés par la Guinée qui jusque-là tardent à être appliqués. Le tout sera couronné par une invite à l’endroit des exploitants forestiers.

Lisez…

Earthguinea : La Guinée a ratifié plusieurs conventions auprès des Nations Unies, mais également à l’interne nous avons des codes et textes de lois. Dites nous où est-ce qu’on en est par rapport à leur application ?

Mohamed Condé : La Guinée à l’instar des autres pays de la sous région a adhéré au système des Nations Unies. Et pour ça, il fallait un certain nombre d’engagement, ces engagements vont au niveau national, sous-régional et international. Ces engagements se situent aussi à deux niveaux, il y a les conventions qui sont contraignantes et les conventions non contraignantes. Les conventions qui sont contraignantes, ce sont les conventions où si le pays n’arrive pas à les faire vous êtes passifs d’une sanction ou d’une exclusion. C’est notamment la convention sur le commerce international, sur les faunes et flores. Par exemple la convention de Washington en 1972 dont la Guinée a ratifié en 1979 où la Guinée est même sous sanction. Ce qui prouve que cette sanction est contraignante, c’est-à-dire que si le pays ne parvient pas à respecter sont engagement, vous êtes exclus ou sanctionnés.

Au niveau national, nous avons les outils contraignants aussi, tels que le code forestier et le code de l’environnement. Ici les infractions sont définies et les peines sont aussi définies. A ce niveau, la Guinée doit s’en féliciter, car nous avons des codes de l’environnement, de la faune et de la forêt, c’est le plus sévère au niveau de la sous région. Il vous souviendra que les textes qui était en vigueur, c’étaient les textes depuis 1997. De 1997 à 2017 beaucoup d’années se sont écoulées, 20 sont passés. Et normalement, le code doit servir pour 5 ans. Le fait d’avoir la volonté politique d’abord de réviser cette convention, cela va d’abord contribuer à améliorer la gestion et la qualité de travail des agents. Je crois que c’est quelque chose qu’il faut apprécier.

Sauf que nous avons de beaux textes qui ne sont pas appliqués. Qu’en pensez-vous ?

Je crois qu’avec nous la nouvelle génération, il faut quitter dans ce cadre là. Pour élaborer un texte, il faut tenir compte des paramètres. Tant que ces paramètres ne sont pas inclus dans le texte, il est très difficile de mettre en œuvre ces textes. C’est ce qui nous trompait davantage dans la rédaction des textes, les beaux textes ce n’est pas par rapport à l’applicabilité, mais c’est ceux qui redisaient ces textes là est-ce qu’ils prenaient en compte la diversité socio-économique et professionnelle, et c’est là le problème. Et quand je dis que je m’en félicite cette fois-ci du nouveau texte, il faut comprendre que cela a été pris en compte. Et même quand nous sommes allés au niveau des conférences à Paris, le code guinéen a été apprécié par l’ensemble des pays des 185 pays de la CITES, donc ça se sont les avancées qu’il faut mettre à l’actif des guinéens.

Maintenant parlez nous un peu du code forestier et son application au niveau national notamment ?

Oui, nous avons le code forestier qui a été adopté en 2017 qui est un outil de gestion des forêts. Il définit les modes de gestion des forets. Dans ce document, vous allez voir qu’au niveau national, nous avons quatre types des forêts qui sont définis là-dans. D’abord, selon le régime de propreté, nous avons quatre types de forêts. Mais quand nous prenons le régime de protection, nous avons deux types de forets qui sont classées dans le dossier.  Donc selon le régime de protection, nous avons les forêts classées et les forêts non classées. Les forêts classés ce sont les forêts qui ont bénéficié d’un acte de classement, que ça soit un décret, un arrêté ou une décision. Les forêts non classées ce sont les forêts qui bénéficient d’une protection vue leur importance en vue d’être classées. Maintenant quand  nous prenons le régime d’appartenance, c’est-à-dire à qui appartient la forêt, nous avons quatre types de forêts : nous avons les forêts de l’Etat, les forêts des collectivités décentralisées, les forêts des personnes physiques et les forêts des communautés. Donc vous prenez le code forestier, vous avez le mode de gestion de l’ensemble de ces forêts et le mode d’exploitation. Si vous voulez exploiter une forêt de l’Etat qu’est-ce qu’il faut, parce que la forêt est une ressource qu’il faut valoriser.

Qu’est-ce qu’il faut en terme politique pour sauvegarder nos forêts ?

Vous savez, c’est bien de dire aujourd’hui qu’il faut concilier l’économie et l’environnement, mais il est aussi important de rendre utile à travers la création des aire de jeux pour rentabiliser les forêts. Un arbre qui est là, qui a atteint toute sa maturité, qui n’est pas valorisé devient une perte forestière au niveau de l’économie. N’oubliez pas qu’au niveau national, nous avons de la fiscalité forestière aussi nous devons contribuer à l’économie nationale. Donc si nous avons une méthode de surveillance de l’ensemble des forêts nous pouvons mettre à profit la gestion durable et concilier l’économie.

A suivre…

Entretien réalisé par Sylla Youn, pour earthguinea.org

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