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Publireportage: Bilan de la Réforme du Secteur de Sécurité (PARSS2-RSS)a réforme du secteur sécuritaire

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Au terme de quarante-huit mois d’intenses travaux, le Programme d’appui à la réforme du secteur de la sécurité (PARSS2-RSS) a été bouclé, le 22 janvier à Conakry, par la présentation des acquis. La cérémonie a réuni cadres du secteur et partenaires techniques et financiers.  Financé à hauteur de 7, 2 millions d’euros (environ 72 milliards de francs guinéens) par l’Union européenne (UE), le projet a été piloté par le cabinet B&S Europe, en partenariat avec Coginta, Gopa consultants et Coffey international Ltd.

PARSS 2 a appuyé les structures du Comité national de pilotage de la réforme du secteur de la sécurité (CNP-RSS), la mise en œuvre de la nouvelle politique de gestion des ressources humaines, le renforcement organisationnel et fonctionnel du département de la Sécurité et de la protection civile (MSPC) et le renforcement des capacités opérationnelles des structures du même département. Il a aussi initié un grand nombre de formations visant à un transfert des compétences aux nationaux, l’acquisition d’engins roulants, de mobiliers, de fournitures et équipements, tout comme la réhabilitation des bureaux « afin d’offrir des bonnes conditions de travail dans le but de favoriser l’efficacité des services et du service rendu à la population. » Bref, le tout pour appuyer les efforts du gouvernement en termes de consolidation de l’Etat de droit, de gouvernance, de promotion des principes démocratiques et de protection des droits humains afin de contribuer à la pérennisation d’un climat social, économique et politique pacifié en améliorant la provision de sécurité à la population.

Ressources humaines

Le chef de la mission PASS, Jean Dangleterre, a déclaré qu’une gestion des ressources humaines efficace est une condition absolue si l’on veut disposer de forces de sécurité capables de mener à bien leur mission d’intérêt général. Il ajoute que le projet a permis l’opérationnalisation de la gestion de ces ressources au sein du département de la Sécurité et de la protection civile. Entre autres, des acquis : la rédaction des textes d’application des statuts et autres circulaires relatifs à la gestion de carrière et dans l’emploi ; l’établissement d’une grille indiciaire spécifique à la police et à la protection civile ; la sélection, l’affectation et la formation de tous les acteurs de cette nouvelle gestion des ressources humaines ; l’identification et la réhabilitation des locaux de la DRH du MSPC. Au total, ce sont 12 243 actifs et 2 510 administrateurs qui ont été identifiés avec matricule, grade, nom et prénom, date de naissance. 62 % de ceux-ci ont une affectation connue, les non-postés constituants la majorité du reliquat. « La DRH est aujourd’hui en mesure  de produire des statistiques sur le recrutement, les mouvements de mutation, les avancements, les notations, les pyramides des âges », a souligné Nawa Damey, le secrétaire général du département de la Sécurité et de la protection civile, représentant le ministre. 

Cartographie sécuritaire

Division d’appui opérationnelle

La cartographie par géolocalisation des installations, des effectifs et des moyens de services de sécurité a été réalisée dans la perspective de mettre à la disposition des autorités un outil pouvant servir de base à la définition des priorités en matière d’implantation des services et d’ajustement des effectifs. Au compte de la police, 505 unités ont été recensées, contre 478 de la gendarmerie, pour un effectif recensé de 10 553 policiers et 9 019 gendarmes. Les effectifs affectés à Conakry sont 63, 16 % de policiers et 57, 29 % de gendarmes. Jean Dangleterre plaide pour un redéploiement des actifs à l’intérieur du pays où « existent de véritables déserts sécuritaires ». Et d’ajouter : « La répartition des attributions respectives de la police et de la gendarmerie, soit géographiquement, soit par domaine de compétence, permettra d’optimiser sensiblement l’utilisation du personnel et des matériels dédiés à la sécurité de l’Etat et de la population guinéenne. »

« L’évolution de la criminalité organisée et la montée du terrorisme au plan international ont mis en évidence la nécessité de disposer d’une unité chargée du recueil, de l’analyse, de la redistribution du renseignement et de son exploitation sur le terrain », voilà la mission assignée à la Division d’appui opérationnel (DAO), nouvellement créée et placée sous la tutelle de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ).

La Guinée dispose désormais de son tableau de bord de la sécurité publique. Une liste de trente-deux registres a été mise à la disposition des commissariats centraux destinés à recueillir les renseignements que le groupe de travail a estimés nécessaires.

Al Hassan Niang, le directeur adjoint du B&S Europe affirme que le PARSS2 a été un engagement fort de l’Union européenne aux côtés de la Guinée dans l’amélioration de la qualité de vie des Guinéens. « L’expertise qui a été déployée aura permis de renforcer les capacités des acteurs de la réforme du secteur de la sécurité en République de Guinée. Notre intervention auprès du ministère a été continue, avec la réalisation d’un audit professionnel et fonctionnel des services en étroite collaboration avec le personnel du département », ajoute-t-il. Le représentant de l’Union européenne, Alexandre Haiter, s’est réjoui de la réalisation et du suivi de la réforme : «  C’est des résultats importants qui nous éprouvent une grande satisfaction. La police a un grand rôle dans la préservation des crimes, mais aussi dans le contact au quotidien avec les citoyens. Vu les bons résultats qu’on a eu des PARSS1 et 2, nous avons déjà accordé, en 2017, un troisième programme de la réforme du secteur de la sécurité. Quatre-vingt-dix milliards de francs guinéens seront investis pour la consolidation du processus qui est en cours, appuyer la Protection civile, poursuivre le déploiement de la police de proximité dans le Grand Conakry, mais aussi mettre un accent sur la formation et l’appui à l’Ecole nationale de la police. L’UE est prête à accompagner la Guinée pendant neuf ans pour la sécurité des personnes et de leurs biens. Notre appui est important certes, mais le plus important ce sont les services rendus aux citoyens. Nous ne pouvons que vous appuyer, c’est vous qui entamez la réforme sur le terrain afin de servir les citoyens. »

Alexandre Cole, le représentant du coordinateur du Fond européen de développement (FED) :« Le programme global d’appui à la réforme du secteur de la sécurité s’inscrit dans le cadre des recommandations du séminaire national de la réforme de la sécurité et de la gestion des ressources humaines qui s’est tenu en 2011 suite à une évaluation de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), de l’Union africaine (UA), de l’Organisation des Nations-Unies (ONU) appuyés par les Etats-Unis, la France, l’Espagne et l’Union européenne. L’objectif global du programme : appuyer les efforts du gouvernement en matière de consolidation de l’Etat de droit, de gouvernance, de promotion des principes démocratiques et de protection des droits humains et particuliers, de contribuer à créer et à pérenniser un climat social économique et politique pacifié en améliorant la provision de sécurité à la population. L’objectif spécifique : fournir l’assistance technique afin de définir les missions respectives des ministères et institutions du secteur de la sécurité en lien avec la politique nationale de la défense et de sécurité afin que les personnes appropriées, compétentes et professionnelles évoluent dans un cadre légal, démocratique, cohérent et connu de tous dans le but d’assurer la sécurité de l’Etat, des institutions, des personnes et des biens et des richesses naturelles nationales dans le respect de l’Etat de droit et des droits humaines. » Selon M. Cole, les résultats ont été atteints à l’image du comité national de la réforme qui est fonctionnel, opérationnel et dispose d’un niveau stratégique, conceptuel et de mise en œuvre. « Ce comité assure toute la coordination nationale de tous les appuis de la réforme du secteur de sécurité et rend le processus de la réforme du secteur de la sécurité consultatif et participatif ». Il souligne que le PARSS2 a accompagné l’évolution de la réforme du secteur de la sécurité jusqu’à un stade d’institutionnalisation qui forge le socle des avancées en matière de consolidation de l’Etat de droit et des droits humaines.

Le président de la Commission technique de suivi, Dr Djéliman Kouyaté, explique que PARSS2 a été d’une utilité multisectorielle. « Il s’inscrit désormais dans le cursus de la formation dans les universités, pour certains étudiants qui vont s’intéresser à la naissance et le pilotage du processus de la réforme du secteur de sécurité en République de Guinée », renchérit-t-il.

Yaya Doumbouya

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