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Guinée : le DG du bureau guinéen d’étude et d’évaluation environnementale (BGEEE) parle de la mission de son département

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Le bureau guinéen d’étude et d’évaluation environnementale a plusieurs missions parmi lesquelles la promotion de la politique nationale du Gouvernement en matière d’environnement dans le domaine de l’évaluation environnementale.

Il est également en charge de l’audience publique qui consiste à faire participer les populations et autorités locales au processus de réalisation des rapports d’étude d’impact environnemental et social en recueillant leur avis, afin d’aider à déterminer la faisabilité environnementale du projet et participer à la collecte des données sur le terrain.

Son Directeur général, Sidiki Condé,  Spécialiste en évaluation environnementale  et sociale de projet de développement, a accordé un entretien à notre rédaction au cours duquel il a mis un accent sur le mode de fonctionnement de son département, sa mission et ses attributions en matière  d’évaluation environnementale et sociale en Guinée

On vous propos ci-dessous l’intégralité de l’entretien réalisé par Younoussa Sylla.


Earthguinea : Vous êtes Directeur général du BGEEE, un service créé en 2012, selon notre information. Mais vous, vous êtes à la tête de la Direction depuis trois ans. Parlez-nous en un peu plus le fonctionnement?  

C’est une direction qui est rattachée au ministre de l’environnement des eaux et forêts. Elle est composée de Cinq départements : un département chargé des infrastructures ; un département chargé des mines et des carrières ; un département chargé de suivi et de renforcement des capacités ; un département chargé de développement rural qui gère tous les projets qui sont liés aux aménagements hydro-agricoles et toutes les activités qui doivent être soumises à une évaluation environnementale dans le domaine rural, c’est-à-dire les projets de développement locaux ; enfin on a un autre département qui est chargé de la législation. Voici les cinq départements que compose notre direction.


Comment faites-vous pour assurer le suivi régulier de l’étude d’évaluation environnementale et sociale quand on sait la complexité du secteur mais aussi l’arrivée par vague des entreprises minières en Guinée ?

D’abord, le suivi environnemental est très structuré en Guinée comparativement aux autres pays. Et le  suivi du PGES (Plan de gestion environnementale et sociale) n’incombe pas spécifiquement au BGEEE. Parce que dans le code de l’environnement, il est prévu  qu’on délivre les autorisations environnementales après un rapport d’étude environnementale et sociale approfondi couronné par un certificat de conformité environnemental.

Maintenant par rapport au suivi, nous organisons le suivi du plan de gestion avec certaines directions techniques du ministère de l’environnement. C’est-à-dire pour avoir toutes les données sur le milieu physique, biologique et humain, nous sommes obligés de collaborer avec le laboratoire d’analyses du ministère de l’environnement qui nous aide à mesurer le bruit, la qualité de l’air, de l’eau et du sol. Parce que quand on va pour le suivi, on doit visiter toutes les installations. Nous mesurons le niveau de dégagement des poussières, on n’arrive pas encore à mesurer le niveau de dégagement de CO2 dans l’atmosphère parce que nous n’avons pas encore ces équipements. Mais avec notre laboratoire du ministère de l’environnement, nous parvenons à mesurer toutes les valeurs, tous les rejets dans le milieu physique : eau, air et le sol.

Nous organisons également les missions de suivi avec l’ancienne direction nationale de l’environnement qui existe encore, qu’on appelle actuellement ‘’Direction nationale de la pollution et le changement climatique’’. Donc cette Direction est souvent représentée dans les missions de suivi environnemental et social. Donc c’est une mission conjointe pour maitriser tous les paramètres qui sont liés au développement d’un projet. Donc nous organisons une mission conjointe pour avoir toutes les informations possibles sur l’état de mise en œuvre de mesure de mitigation et leur efficacité, avant de préparer un rapport à l’attention du ministre de l’environnement ou de la société minière.

N’oubliez pas que les autorisations environnementales, les certificats de conformité environnementale que nous délivrons ont une validité d’un an. Chaque année, le promoteur est tenu obliger de renouveler le certificat de conformité ou l’autorisation environnementale. Pour renouveler ces autorisations, le promoteur est obligé d’adresser un courrier au ministre de l’environnement accompagné par le rapport de mise en œuvre de leur plan de gestion environnemental et social. Quelles sont les activités de mitigation qu’ils ont exécutées pendant l’année écoulée. Et fort de ça que nous organisons une mission sur le terrain pour voir si ces mesures-là sont effectivement exécutées, et quels sont les manquements qui sont  liés à la mise en œuvre de ces activités de gestion des impacts. Ce qui est extrêmement important.

Quelles sont les difficultés rencontrez-vous dans la mise en œuvre de ces activités ?

D’abord il faut retenir que l’an 2020 a été une année de difficultés, une année qui nous a empêchés d’accomplir pleinement nos missions de consultation et de suivi d’audience. Mais quand même on a trouvé des solutions alternatives par rapport à l’audience publique. Nous n’avons pas arrêté l’évolution des projets, on s’est permis d’organiser des audiences publiques en ligne, on envoi la version électronique des rapports d’étude d’impact aux membres du CTAE (comité technique d’analyse environnementale), on leur accord une période de lecture, et chacun fait ses commentaires sur le rapport et transmet au BGEEE pour la synthèse, mais c’est des commentaires qui sont vraiment fondés, la synthèse est faite et envoyée aux promoteurs à l’attention du consultant pour l’intégration.

Est-ce que les contacts entre vous et les communautés ont-ils poursuivi dans le cadre de la consultation ?

On a limité beaucoup de consultation auprès des communautés depuis le mois de mars compte tenu  du Coronavirus. Cependant on a exigé quelques consultations publiques en invitant tout le monde dans une préfecture, soit c’est dans la grande salle de la préfecture, pour faire des commentaires. On a limité ça aussi et on a préféré faire le porte à porte. C’est d’ailleurs à cette occasion que le barrage hydroélectrique d’Amaria a été validé, la validation a été faite en ligne, et les commentaires étaient très intéressants. Et puis la consultation publique nous a pris beaucoup plus de temps qu’il nous fallait. On réunissait tout le monde dans une salle, puis le consultant fait la présentation. Donc ça nous a pris beaucoup de temps, mais on a quand même réussi à avoir des PV (procès-verbal) dans toutes les localités qui sont concernées et situées dans l’emprise du barrage d’Amaria.

Quelles sont les activités que vous avez réalisées malgré la présence de la pandémie de Coronavirus ?

Le méga projet Simandou, je crois que l’étude de faisabilité est à terme, l’étude d’impact environnemental sur les trois composantes est entamée. Mais on est encore à la phase de cadrage, on a organisé les missions de cadrage, c’est-à-dire que le consultant a transmis au ministère de l’environnement un rapport de cadrage et les termes de référence sur les trois composantes à savoir : le port, les chemins de fer et la mine. Et on a essayé de faire respecter malgré les difficultés liées au Covid-19, les étapes et les procédures. A l’heure actuelle, les termes de référence des trois études sont validés, c’était au début janvier. Et les trois grands bureaux d’étude sont recrutés, et trois autres bureaux locaux ont été également recrutés pour commencer l’étude d’impact environnemental  et social approfondi. Il y a un cabinet qui a été recruté pour travailler sur le port de Senguelen, un autre cabinet s’occupe du corridor du chemin de fer, et un autre s’occupe de la mine. Au-delà de tout ça, on a réalisé beaucoup d’autres activités, on a validé beaucoup d’autres rapports sur les carrières et d’autres notices aussi qui ont été validées.

A notre avis, votre département accueille beaucoup de stagiaires dans l’année. Dites-nous de quoi la formation est réellement basée?  

Actuellement, j’ai une vingtaine de stagiaires. Avant la Covid-19, on recevait les stagiaires  et on donnait les cours basics en évaluation environnementale dans notre salle de réunion. J’ai choisi les cadres les plus anciens, qui ont beaucoup de connaissance dans la procédure d’évaluation environnementale et sociale, qui donnaient des cours deux fois par semaine aux stagiaires. Ces cours étaient basés sur le cadre juridique et règlementaire et sur la démarche à suivre dans le cadre de la réalisation d’une étude d’impact environnemental et social. La procédure de validation aussi a fait l’objet de formation. Mais avec la pandémie, on a interrompu ces formations, nous attendons que quand les choses soient rétablies dans l’ordre, on verra ce qu’il faut faire.

Et comment l’encadrement se passe après la formation ?

C’est difficile de répondre, parce qu’il y a certains stagiaires, pendant leur stage, les promoteurs fréquentent le BGEEE et ils peuvent demander à la direction de mettre un ou deux cadres à leur disposition. Et si cela est fait quelque fois ces cadres réussissent à se faire employer dans le projet, et d’autres reviennent parce que la durée du stage est de trois mois, et la demande de stage est validée par le cabinet, et c’est le chef de cabinet qui nous envoie des stagiaires. Je fais le maximum pour les encadreurs dans la mesure du possible. S’il y a une possibilité en fonction de la fréquence des stagiaires, ceux qui ont la chance peuvent être recommandés auprès des projets, et ceux qui n’ont pas la chance pendant les trois mois après la formation, on leur délivre une attestation de stage pour aller se débrouiller ailleurs. Puisque le BGEEE est connu, et à travers cette attestation de stage, ils ont beaucoup plus de chance à avoir de l’emploi. Don voilà ce qu’on peut faire pour les stagiaires.

Votre mot de la fin pour souhaiter les meilleurs vœux au personnel de votre département, mais aussi à tous les Guinéens ?

On est au début de l’année 2021, au nom du personnel du BGEEE, je souhaite mes meilleurs vœux de santé, de prospérité, de bonheur et de réussite, dans toutes nos entreprises, au cabinet du ministère de l’environnement, des eaux et forêts. Je souhaite également mes meilleurs vœux de santé, de réussite à tous les cadres du BGEEE en leur exhortant un cadre de collaboration conviviale.

Merci Directeur !

Je vous remercie !

Entretien réalisé par Sylla Youn, pour eathguinea.org

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