Culture du Café : Un jeune Guinéen se démarque dans l’Arabica 100% Bio

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L’agriculture fait partie des secteurs porteurs de croissance en République de Guinée, pays qualifié de château d’eau de l’Afrique de l’Ouest.

Avec 6 millions d’hectares de terres arables, un potentiel de 364 000 hectares de terres irrigables et une pluviométrie allant de 1200 mm à 6000 mm,  l’agriculture présente de nombreuses possibilités d’accélération de la croissance et de création d’emplois durables permettant d’assurer à la fois, l’autosuffisance alimentaire et des revenus d’exportation.

Malgré cette prédisposition de nos terres à l’agriculture, le budget alloué au Département du Ministère reste encore insuffisant. En 2017, le budget alloué au ministère de l’agriculture, a été amputé de 33% par rapport à 2016, passant ainsi de 337 milliards de francs guinéens (36 millions $) à 252,5 milliards de francs guinéens (27,3 millions $).

Conscient de richesse, et croyant aux potentialités qu’offre ce secteur, un jeune guinéen a décidé d’entreprendre.

Agé de 24 ans et diplômé en sciences juridiques et politiques dans une université guinéenne, Bhoye BAH est ce jeune agripreneur (entrepreneur agricole) qui a osé poser les jalons dans un secteur assez complexe : la culture du café avec sa marque ‘‘Café du Foutah’‘ de sémences guinéennes.

Avec un climat humide et adaptée à la culture du Café, le Foutah Djallon ou Moyenne Guinée offre diverses opportunités avec différents types de café.

Ce qui a valu le lancement par le Président de la République, d’une initiative visant la production de près de 4 millions de plants de café d’ici mai 2018 dans huit préfectures avec des semences de café Arabica en provenance du Rwanda.

Pour en savoir plus sur ce jeune agripreneur, EarthGuinea.org, votre plateforme sur le Développement Durable est allée à sa rencontre.

Lisez

Comment êtes-vous venu dans l’entreprenariat et quels ont été vos débuts ?

Vu le chômage grandissant dans mon pays, je me suis très tôt intéressé à l’agriculture et précisément à la culture de la pomme de terre.

Passionné par l’entreprenariat, j’ai commencé ma première production en 2013 dans la sous-préfecture de Timbi Madina d’où j’ai eu l’idée de fonder une coopérative agricole dénommée coopérative agro-pastorale pour le développement de la Guinée *CADEG*qui est de nos jours membre du réseau des jeunes Afrique Caraïbes and Pacifiques Young Professionnal network  (ACPYPN).

J’ai initié des campagnes de sensibilisation des jeunes dans des différentes régions de la Guinée.

Au cours de l’année 2016, j’ai participé au camp national des alternatives pour un monde durable organisé par une plateforme dénommée  PRONG et labélisé par le Forum Social Mondial (FSM).

Avec quel budget avez-vous démarré ?

Côté financier, j’ai commencé par mes propres moyens avec environ 5.000.000  GNF (environ 500 euros).

Ensuite j’ai été soutenu par un partenaire français à hauteur de  deux mille cinq cents euros (2500€) que j’ai investi dans la semence de la pomme de terre.

Malheureusement, avec la crise épidémiologique à virus Ebola, nous avons été victime du blocage économique et des mesures de restrictions des déplacements entre les régions. Une maladie  fongible a également ravagé toutes les plantations en 2015/2016.

Aujourd’hui on se relève petit à petit malgré qu’on a bénéficié d’aucune subvention de l’état,  ni d’appui de la part des Ptfs.

Pourquoi votre choix a été porté sur Timbi Madina ?

J’ai choisi Timbi  Madina parce que c’est une zone semencière de la pomme de terre et elle abrite également  la Fédération Paysanne du Foutah Djallon.

Quels sont les facteurs de blocage?

La principale difficulté est la distribution. De nos jours, je rencontre d’énormes difficultés à me retrouver sur le marché par manque d’appui pour la commercialisation et d’accompagnement pour l’acquisition des équipements agricoles.

Pourquoi t’es-tu orienté vers la culture du café, Quel est la demande actuelle?

Avide de la culture du Café qui est aujourd’hui très apprécié sur le marché , la CADEG (Association pour la promotion du café du Foutah que je coordonne) a initié une mission d’investigation dans différentes plantations de Café.  A la suite de cette mission prospective, notre équipe a constaté que la culture du Café n’est pas très développé dans notre pays. Toute la production était revendue dans la sous-region parce qu’il n’y avait pas de réseau de commercialisation,ni de label. C’est pour cette raison que j’ai eu l’idée de développer cette chaîne de valeur: De la production à la commercialisation. 

Aujourd’hui je commercialise le café du foutah qui est 100% Arabica. Un variété très prisée par les consommateurs d’ici et d’ailleurs.

Qui sont tes clients?

A mes débuts, je vendais mes produits (pomme de terre) dans les marchés hebdomadaires et cela m’a permis d’économiser pour commencer avec la culture du Café.

On vise aujourd’hui les superettes, les super-marchés, les grands consommateurs du café…

Nous avons un point de vente au Plazza Diamond chez Barista Coffee.

Nous prévoyons d’installer un autre point  au centre cultuel Franco Guinéen dans les prochains mois.

Plants de Café du Foutah

En Guinée, la question du foncier reste un réel problème pour les agripreuneurs. Comment êtes –vous arrivés à mettre main sur ces terres ?

La question du foncier cause un sérieux problème à savoir l’octroi des domaines cultivables par manque d’incompréhension entre les propriétaires terriens et les producteurs.

Au début, j’ai fait le contrat de bail avec 500.000 GNF (environs 50 euros). J’avais un contrat de bail de 6 ans renouvelable à Timbi madina, et cela m’as permis d’acheter un autre domaine de deux hectares (2 Ha) à Mali.

Quel appel tu lances aux guinéens? Aux Bailleurs? Au Gouvernement ?

Je lance un appel à l’endroit de la jeunesse de s’investir à fond dans l’agrobusiness. A

Bhoye Bah avec une volontaire du Corps de la Paix

l’Etat, de créer des conditions favorables aux jeunes pour une réinsertion dans l’agriculture.

Qui sont tes collaborateurs ?

Je travaille avec des jeunes et en étroite collaboration avec des volontaires du Corps de la paix.

J’aimerai profiter pour remercier et encourager deux collaborateurs  Bourhane fellah Bah et Cherif Bah, des producteurs  qui font un travail extraordinaire sur le terrain.

Dans le cadre de l’atténuation des impacts du changement climatique, quelles mesures prenez –vous ?

Notre café est 100%bio donc nous n’utilisons pas d’engrais.

Concernant l’adaptation aux impacts du Changement climatique On a initié des sensibilisations pour l’utilisation des compostages bio. Les résidus issus de la torréfaction sont séchés.

Nos machines pileuses et de torréfaction sont de type traditionnel donc ne consomme pas d’énergie.

Nos emballages sont également faits à base de papier biodégradable et nous imprimons nos logos nous-mêmes. Tout cela pour réduire notre impact.

Quelles sont tes projections pour les prochaines années ?

Aujourd’hui je produis le Café du Foutah, torefie le café et commercialise avec la CADEG qui est une branche commerciale de Café du Foutah.

Je compte mettre en place une industrie de torréfaction du Café et faire labéliser la marque ‘’Café du Foutah’’.

Plus tard, si les moyens le permettent, j’ambitionne de réutiliser les résidus issus de la fabrication du café en d’autres produits.

Pour prendre contact avec Bhoye BAH

Tel: 666717558

E-mail : bhoyebah24@gmail.com

Ressources de documentation EarthGuinea

Vous voulez entreprendre dans l’Agriculture en Guinée, EarthGuinea.org vous propose de lire quelques documents utiles.

La petite histoire de l’origine du café »Bien avant d’être cultivés dans plus de 50 pays tropicaux, les caféiers sont nés en Basse Guinée d’Afrique Centrale Atlantique »Cliquez ici pour lire l’enquête de l’IRD paru en 2010

La dénomination « Basse Guinée » est utilisée dans un sens biogéographique, basé sur des différences de végétation et d’endémie. Elle fait référence à une région qui couvre la bordure de l’Océan atlantique du Cameroun, de la Guinée équatoriale, du Gabon et du Congo. L’analyse de l’ADN des chloroplastes a montré que les caféiers sont partis de cette région pour envahir les forêts d’Afrique, de Madagascar et des iles de l’Océan Indien. De François ANTHONY, Ancien journaliste, auteur de l’article Origine du Café -IRD

 

 

 7 bonnes raisons d’investir en Guinée:

http://www.apip.gov.gn/?q=content/7-bonnes-raisons-dinvestir

Comment créer son entreprise?

http://www.apip.gov.gn/?q=content/cr%C3%A9ation-dentreprise

Charte des Investissements de Guinée:

http://www.apip.gov.gn/?q=content/charte-des-investissements

Visitez le portail des Investissements en Guinée: http://invest.gov.gn/

Code foncier et domanial de la Guinée :

Plan National d’investissement Agricole:

Politique Nationale de l’Agriculture:

Plan National de Développement Economique et Social 2016-2020

Rapport sur le Développement du Secteur Privé

Pour EarthGuinea.org

Fatoumata Chérif

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